C’est un clin d’œil mais alors même que Daniel Cohn-Bendit provoquait François Bayrou et gagnait 4 points grâce à une réponse surprenante de maladresse, le même scénario se jouait au conseil municipal de Colombes.
En effet, lors de la conférence des Présidents de Groupe, qui précède le conseil municipal, le maire déclarait solennellement qu’il n’accepterait plus les prises de paroles non prévues en début de conseil, critiquant ce qui commençait à devenir une habitude de la part de l’opposition, et répondant à la demande de Lionel Rainfray qu’il ne donnerait pas la parole à Mme Yade avant l’ouverture de la séance.. surtout pas pour qu’elle lui remette la pétition contre l’insécurité, signée par de nombreux commerçants de Colombes (NB : le « surtout pas » est de moi !).
Sur le fond, rien à redire, il y a la procédure des questions orales qui permet, sous réserve d’y penser dix jours avant, d’intervenir hors ordre du jour. Mme Gouéta en a d’ailleurs fait usage à ce conseil en faveur du foot en salle, comme je l’avais fait lors du précédent pour le stade Yves du Manoir.
Sur la forme, le maire a effectivement fait une démonstration de volonté à l’égard de l’UMP en refusant de donner le micro en début de séance – et je dois dire que Mme Yade a essayé de prendre la parole mais que face au refus, elle s’est calmement assise… voilà une attitude posée – maintenue pendant tout le conseil - qui contraste avec certaines de ses interventions précédentes… l’âge sans doute ;-). Mais que ne s’applique-t-il cette règle à lui-même ?
En effet, nous avons eu droit à un commentaire argumenté d’un article du Parisien qui reprenait des propos de l’UMP départementale selon laquelle les droits de l’opposition seraient malmenés dans les villes des Hauts-de-Seine tenues par la gauche. Ok c’est injuste pour Colombes, je serai le premier à témoigner. Faut-il en faire un fromage ? Est-ce du dépit à l’égard d’un journal qui est d’ordinaire « sarriste » ? Ou une manœuvre pour se faire plaindre ? Ou juste l’occasion de quelques bons mots « l’opposition réclame plus d’autorité et s’en abstient elle-même » ; « la démocratie c’est l’honnêteté et la sérénité »… grandes envolées lyriques que la conduite des débats de ce conseil a ensuite bien démentie.
En effet, alors même que l’examen du compte administratif s’était plutôt bien passé (voir autre article), de nombreuses délibérations purement techniques ont été l’occasion d’échanges animés, et une a même conduit à une suspension de séance, tant le maire adjoint, inexpérimenté, confondait conseil municipal de Colombes et Assemblée Générale des Nations Unies (pour ne pas dire Tribunal Pénal International). Pas assez de place en crèche à Colombes : la faute à la droite réactionnaire incapable, à la politique antisociale du gouvernement et à des prédécesseurs incompétents. De la part de l’un des adjoints les plus diplômés de l’équipe, les bras m’en tombent. La jeunesse excuse-t-elle tout ? N'est pas Philippe Sarre qui veut...
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